| CLAIR
DE NATURE : les principes de la phytothérapie |
Le
Docteur Jean-Claude HOUDRET a écrit entre autres,"
Le Défi de la médecine" , aux Editions France-Empire.
LES
PRINCIPES DE LA PHYTOTHÉRAPIE
Introduction et avertissement !
Formes codifiées de la phytothérapie
Principales affections concernées
1.
Introduction et avertissement !
Il
ne faudrait pas verser dans l'angélisme à propos
de la médecine dite « naturelle ».
En effet, les plantes fournissent de bons résultats cliniques
et ne possèdent que des effets secondaires rares et toujoursmomentanés
lorsqu'elles sont employées à bon escient et avec
prudence.
Néanmoins,
il convient, dans ce domaine aussi, d'être mesuré
et de ne pas se laisser emporter par la vague du naturalisme
ambiant prônant une vision idéalisée d'une
nature belle et bonne, car elle a aussi des aspects nocifs.
Ainsi, beaucoup de plantes sont dangereuses ou le deviennent
en fonction de leur dosage.
Citons,
entre autres, le cas de la belladone et la colchique.
Déjà
à la Renaissance, Paracelse ne clamait-il pas :
« Tout est poison, rien n'est poison. C'est une question
de dosage ! ».
2.
Formes codifiées de la phytothérapie
Ainsi,
il convient de se méfier d'une automédication
abusive et d'utiliser les plantes employées en phytothérapie
sous leurs formes codifiées qui sont principalement :
- Les
teintures :
préparations résultant de l'action de l'alcool
éthylique à 60, 70, 80 ou 90° sur des poudres
végétales.
- Les
extraits : substances
résultant de l'évaporation, jusqu'à consistance
fluide, molle ou sèche, d'un suc ou d'une solution
obtenus en traitant une matière végétale
par un véhicule vaporisable tel que l'éther,
l'alcool, l'eau ou un mélange de solvants. On obtient
ainsi des extraits fluides, mous ou secs.
Dans
cette dernière catégorie se rangent les nébulisats
possédant une grande concentration en principes actifs,
plus importante que dans la poudre de plante bien qu'inférieure
en quantité.
- Les
alcoolatures :
produits obtenus par macération d'une plante dans l'alcool.
- Les
alcoolats :
obtenus par distillation des principes actifs de substances
végétales en solution dans l'alcool. Ils ne
comportent que des principes actifs volatils.
- Les
hydrolats, appelés aussi eaux distillées :
les principes actifs volatils de poudre végétale
ou de partie de plante sont ici extraits par distillation
de solutions aqueuses.
- Les
poudres : préparations
qui n'utilisent que certaines parties du végétal
obtenues par pulvérisation puis tamisage.
- Les
suspensions intégrales de plantes fraîches
très concentrées en principes actifs.
- Les
teintures-mères :
obtenues par macération de plantes fraîches,
de plantes fraîches stabilisées ou de plantes
sèches dans l'alcool de différents titres.Les
huiles essentielles :
l'aromathérapie, ou traitement par les plantes aromatiques,
utilise des essences végétales extraites par
distillation, par expression, ou – dans quelques cas rares
– par incision.
Leur
nom d'huiles essentielles est dû à leurs caractères
les rapprochant des huiles. Elles ne renferment en réalité
aucune graisse et sont obtenues par distillation des plantes
aromatiques ou par l'enfleurage (extraction par les matières
grasses puis dilution par des solvants volatils). La plupart
des essences sont utilisées en parfumerie et certaines
en médecine traditionnelle.
Pour
la préparation de ces essences, on utilise : les
fleurs ou les sommités fleuries, les parties de fleurs
(pétales de rose), les écorces de fruits (citron,
orange), les graines (anis), les fleurs fraîches(eucalyptus),
les baies (genévrier), les boutons floraux (girofle),
les fruits (persil), le bois (santal).
Les
essences sont des mélanges de constituants (terpènes,
alcools, esters).
Pendant
longtemps, l'utilisation des plantes aromatiques s'est cantonnée
à l'usage odoriférant (essence de labiées)
ou antiseptique (eucalyptus).Depuis
les années 60, l'utilisation systématique des
essences à titre bactéricide s'est développée
et a donné lieu au grand essor de l'aromathérapie.On
peut donc dire que l'aromathérapie est la forme de la
phytothérapie qui utilise la partie essentielle active
extraite de la plante.
Son avantage réside dans sa facilité d'emploi
par rapport aux tisanes, infusions et décoctions diverses.
Son inconvénient pour lespuristes réside dans
le fait qu'elle peut priver des effets de la totalité
de la plante.
En
dehors de ces présentations, on peut aussi administrer
les plantes médicinales sous formes de sucs, de pommades,
d'élixirs, de suspensions, de suppositoires, de cataplasmes,
de tisanes…L'immense
variété des formes thérapeutiques de la
phytothérapie impose une codification stricte des posologies
qui, comme en médecine allopathique, tiennent compte
du degré de gravité de la maladie et du poids
du sujet.
3.
Principales affections concernées
Le
champ d'application de la phytothérapie est très
large et d'après le Professeur Bélaiche :
« Nous, phytothérapeutes, est que l'on pourrait
se passer de la chimiothérapie de synthèse dans
95% des cas traités en consultation de ville. »*
Entrent
dans ce vaste champ :
- certaines
affections chroniques : comme par exemple les maladies
rhumatismales affectant l'appareil locomoteur ou comme les
cystites chroniques,
- les maladies
dermatologiques : acné et autres infections cutanées
comme les mycoses et l'eczéma,
- les maladies
du stress : angoisse, anxiété,
- les insomnies
et les troubles du sommeil,
- les gastrites,
les ulcères, les colites,
- les états
de fatigue passagers ou chroniques,
- les troubles
fonctionnels gynécologiques,
- les affections
O.R.L. dont les bronchites chroniques, l'asthme, les infections
nasales et respiratoires,
- les douleurs
dorsales, dentaires, musculaires,
- les troubles
circulatoires veineux,
- certaines
maladies artérielles, l'hypertension,
- les déséquilibres
psychiques dont le nervosisme et la dystonie neurovégétative
et la spasmophilie.
et,
en général, toutes les affections fonctionnelles
et certaines affections aiguës sans lésion organique
grave.
Docteur
Jean-Claude HOUDRET
|